tout cet univers intérieur en ébullition,
de grandioses tempêtes de velours
quand je me caresse, bouge des hanches,
effectue toutes sortes de mouvements et de contractions,
c’est à la fois tout et rien
la vie m’a offert un bout de terrain,
un petit lopin d’absolu
que j’essaie de faire fructifier
par tous les moyens
je vais dans la forêt, j’enlace les arbres,
contemple le ciel, les reflets dans l’eau courante,
les fleurs, les oiseaux, les insectes
chez moi, je plonge longuement le regard
dans des livres, des oeuvres d’art,
écoute de la musique,
m’extasie, éprouve des émotions, avec eux
et puis et puis
je communie voluptueusement avec mon corps
à tout bout de champ,
ai engagé un dialogue fructueux avec lui,
une complicité totale, symbiotique
mais c’est rien tout cela, au fond,
on est si minuscule, si vain,
des fourmis s’agitant comiquement,
tournant dans tous les sens
le ciel au-dessus,
est grandiose et inatteignable,
avec des couleurs et des formes magnifiques,
dérivant dedans nuit et jour
et on est là avec nos sauts de puce,
gonflant le thorax
quand on est parvenu à s’élever de quelques millimètres
mais c’est bien ainsi,
plus je me sentirai minuscule, débordé de toutes parts
par ce monde qui tambourine constamment aux portes,
plus je me sentirai capable de m’ouvrir,
je réalise maintenant,
plus capable comme de me fondre dans le décor,
de ne plus être que cette masse tournoyante d’émotions et de sensations
au fil des instants qui passent

