il y a un état de l’être
où la réceptivité est totale,
où il n’existe plus rien d’autre
que la sensation
on est la sensation
et rien d’autre,
on est entièrement dissolu dedans,
on fait partie de ses particules
dans l’invisible
elle avance, elle accélère,
elle ralentit, elle ondoie,
nous roulons à 100% avec elle
nous ne ressentons plus, non,
on pourrait dire,
nous sommes comme ressenti quelque part
quelque chose en nous, on pourrait dire,
nous ressent,
nous semblons vibrer pour quelque chose,
quelque part en nous
quelque part, quelque chose, en nous,
s’est réveillé,
a fait de nous sa chose vibrante,
quelque chose en nous, nous a entièrement,
nous possède totalement,
consentant que nous sommes,
consentant de tout notre être
le désir est devenu un terrain de jeu de rencontre
nous nous rencontrons là, un moment,
avec quelque chose en nous,
quelque chose d’insistant, de persistant, en nous,
au service l’un de l’autre,
on semble être durant les moments de plaisir
la volupté aux mille miroirs
son cours impérieux, son cours velouteux,
en nous,
le fil de ses reflets s’enchaînant,
projetant régulièrement du connu qui parait toujours neuf
et de temps à autre, à une entournure, soudainement,
de l’inconnu
pour pimenter encore plus,
comme si c’était nécessaire
relever le défi du mystère,
relever le défi de ce qu’il y a de plus fugace
et en même temps, de plus persistant,
en nous
se révéler d’oser,
oser de s’être révélé

