il y a ce mécanisme dans ma tête,
je l’ai bien repéré ce matin au lit,
bien observé, bien détecté, bien éprouvé,
bien vérifié dans tous les sens
décrivons-le en quelques mots,
une façon de rester connecté à son corps
pour pouvoir communier voluptueusement avec lui
malgré les vagues plus ou moins fréquentes de l’intellect
qui cherche à reprendre le contrôle des opérations,
qui cherche à influencer de mille manières ce qui se passe
car il est jaloux de ses prérogatives,
il a ses habitudes,
il est aux commandes habituellement,
c’est lui, le maître des lieux, normalement,
après tout
l’intellect, donc,
doit le plus possible,
pour la qualité des interactions,
pour la richesse, l’intensité et la variété des sensations,
pour le degré de volupté et de jouissance que vous allez atteindre,
doit le plus possible, donc, j’ai écris,
rester dans sa niche,
céder momentanément la place
pour que le corps et l’esprit puissent opérer ensemble
de la façon la plus optimale possible
les pensées,
les mille et une manières plus ou moins déguisées qu’a l’intellect
d’occuper la tête,
sont comme des nuages opaques, bien gris de chez gris,
voire complètement noirs,
de se placer entre le soleil de notre ressenti et nous
quand nous sommes en pleine action amoureuse
quand cela se passe,
il s’agit de les évacuer, de les chasser, le plus vite possible,
c’est un mécanisme qui est bien au point chez moi,
il devient assez parfait même, sans me vanter,
bien qu’il reste et restera toujours perfectible
et c’est heureux,
il y a toujours et il y aura toujours jusqu’au dernier jour,
une marge de progression,
dans ce mécanisme, comme dans le reste
qui constitue notre pratique,
comme, par exemple, l’accès et la capacité de libérer ses énergies,
notre technique même
bien qu’elle soit essentiellement spontanée,
elle est quand même quelque part aussi,
le fruit d’une accumulation d’expérience, d’heures de pratique
vous êtes donc en pleine action,
votre corps bouge, vos mains caressent,
vous éprouvez des sensations, votre désir est allumé, flamboie,
la tension sexuelle monte crescendo,
le soleil brille, vous baignez entièrement, totalement, dans votre ressenti
quand soudain des pensées arrivent,
directement, c’est comme si des nuages étaient arrivés aussi,
les rayons ne vous touchent plus,
vous touchent moins ou presque plus,
vous n’êtes plus envahi, enveloppé, par eux
que faire? quoi ne pas faire?
comment les chasser le plus efficacement
pour à nouveau éprouver à 100% la volupté,
le carrousel des sensations, la jouissance?
je vais essayer de décrire ce qui se passe en moi, à ces moments,
c’est, en quelque sorte, un mécanisme de reconnaissance,
de distinction où être et où ne pas être dans sa tête,
reconnaître ce qui appartient au corps et à l’esprit en pleine action
et ce qui appartient à l’intellect qui pollue pour le moment notre ressenti
et se concentrer uniquement sur la première
et ainsi, provoquer la fin des pensées
ou de n’importe quelle autre action dans notre tête
appartenant à l’intellect qui est revenu en catimini
pour tenter d’influencer le cours de ce qui se passe en nous
votre attention doit automatiquement le plus vite se porter
sur ce qui se passe effectivement, concrètement, physiquement,
le temps d’un éclair,
créer une image mentale de ce que vous êtes réellement en train de faire,
votre main est en train de bouger, vos hanches aussi,
une contraction est en train de monter,
votre doigt est dans votre anus, etc
tout cela vous devez le visualiser un moment,
ces différentes actions forment comme un flux,
le cours spontané de l’interaction entre votre corps et votre esprit
qui provoque les sensations, la volupté, la jouissance,
c’est la seule chose qui compte,
reconnaitre le flux, le visualiser,
tout le reste, c’est du pipeau, c’est votre intellect qui cherche à intervenir,
qui cherche à influencer, qui cherche à reprendre les commandes
il n’y a qu’une seule chose qui compte,
c’est ce cours de l’action
qui doit se dérouler le plus spontanément possible,
mené en arrière-plan par votre désir, par votre ressenti,
eux et rien d’autre
c’est vers cela que vous devez aller, c’est cela que vous êtes en ce moment,
ce flux et rien d’autre,
il n’y a que lui qui compte,
le reste, les sensations de découragement,
des directives, quoi faire, quoi ne pas faire,
tout cela, c’est votre intellect
allez toujours vers le flux, vers ce qui est en train de se passer
et ne vous occupez pas du reste,
ne cherchez pas à influencer le flux,
laissez-le se dérouler tout seul,
il sera, en fait, dirigé par votre désir et par votre ressenti
sans doute, au début,
ce n’est pas facile,
l’intellect aura tendance à vouloir intervenir à tout bout de champ,
après tout,
le reste du temps, il est aux commandes,
nous sommes des êtres humains, des êtres pensants,
c’est notre grande force
mais pas toujours, pas toujours,
apprendre à réécouter son instinct, ses pulsions,
se laisser guider par son ressenti,
est un réapprentissage bien utile par moments,
bien fascinant
et qui porte des récompenses sans limites
plus particulièrement quand nous essayons de nous gâter sexuellement,
tout seul et avec d’autre(s)

