ce matin, je ne me lasse pas
de frotter une jambe contre l’autre,
tout lentement, tout lentement,
c’est comme si à leur intérieur
des milliers de tissus soyeux entraient en contact,
se frottaient, s’entremêlaient, s’entrefroissaient
mon sexe, lui,
tantôt se raidit, tantôt redevient mou,
est du genre agent contaminant à l’extrême,
répandant ses bonnes ondes à la ronde
mon anus, lui,
semble respirer, semble palpiter
dès que j’en approche un doigt ou deux,
un vrai chanteur d’opéra ouvrant les bras
et se mettant à chanter,
s’égosillant comme un volcan
à coups de notes graves
lancées de tous les cotés
mes hanches, elles,
parlons-en de ces coquines,
oh comme elles sont emplies de choses capiteuses,
de choses lourdes-légères,
c’est un vrai chaudron à miracles, ces hanches-là,
le moindre de leurs mouvements, le moindre de leurs déplacements,
dégage une telle ivresse dans mon bassin,
cela se répand, monte directement jusqu’à mon cerveau,
c’est feu d’artifice sur feu d’artifice, ces reins-là,
tellement ils sont chargés
mon sexe a fini par se répandre en larmes laiteuses de bonheur
qui sont venus s’éparpiller sur mes cuisses, mon bas-ventre,
douce, douce, violence, de la lave, quelques instants,
comme si tout mon intérieur
était aspiré vers l’extérieur par des forces surréelles,
succion divine vers le ciel

