mon désir est en état d’alerte maximale,
comme il commence à faire chaud, ici à Bruxelles
et que de plus, j’étais occupé avec quelque tache qui demandait un effort physique,
peu à peu, je me suis débarrassé de toutes les couches de vêtements
et me suis retrouvé entièrement nu
il y a eu comme un déclic immédiatement,
toute ma peau, mes mains, mes hanches,
mon sexe, mon anus, ma prostate,
tout cela semblait se chercher,
tout cela semblait vouloir jouer ensemble
oh comme c’était délicieux,
j’ai posé les doigts sur la peau,
j’ai appliqué, lentement , lentement, une caresse
tandis que mes hanches commençaient à bouger,
que mes cuisses ont pressé un peu, gentiment, les génitaux
et puis, comme pour déclencher la fusée,
lui donner la puissance nécessaire pour s’arracher, pour s’élever,
j’ai fais monter une contraction
oh mes amis, je ne vous dis pas,
tout mon être, instantanément,
s’est transformé en soie vibrante,
j’étais déjà dans la stratosphère,
une stratosphère bien à moi,
bien accueillante,
une stratosphère où il fait bon être
comme dans un nid
un nid massant,
qui vous frotte, qui vous tournicote,
de tous les côtés,
qui ne connait pas les frontières de la matière,
qui pénètre jusqu’au plus profond de vous
une béance,
une béance géante,
le vent s’engouffre,
le vent siffle tout doucement
parmi toutes vos cellules,
vous êtes offert,
vous vous êtes offert,
quelque chose vous a pris
dans sa main géante,
vous transporte,
vous emmène
la griserie monte, monte, de partout en vous,
la griserie vous saoule dans la moindre de vos particules,
vous immerge, vous imbibe,
vous respirez de l’intérieur,
de l’air enchanteur qui monte et qui vous fait monter
à plein poumons, à tire d’aile,
vous êtes comme une île,
une île qui est montée par ascenseur hydraulique,
le vent, les nuages, le soleil,
vous caressent de toutes parts,
vous êtes dans le bleu, le bleu du jour,
le bleu éblouissant du jour,
le bleu éblouissant du jour est partout,
vous êtes dissolu dedans

