le plaisir est cette chose tellement énorme, tellement séismique
et en même temps, tellement douce, tellement harmonieuse,
qui envahit tout mon être
quand le désir commence à s’exprimer
je peux le sentir me parcourir,
s’insinuer dans la moindre de mes cellules,
y effectuer ses acrobaties soyeuses
oh quelque part, c’est tellement addictif,
j’y suis tellement accroc
mais accroc sainement
je veux dire par là
que je ne pourrai pas m’en passer,
que cela me fait, de fond en comble, un tel bien,
comme je l’ai écrit précédemment,
c’est comme une sorte de respiration de l’être,
indispensable, miraculeuse, tellement ressourçante,
tellement fondamentalement nourrissante
mais en même temps, si j’écris
que j’y suis accroc sainement,
c’est parce que je ne sens en aucune façon
le besoin de pratiquer de plus en plus,
je peux très bien m’en passer plusieurs jours,
je m’écoute, je laisse mon désir parler
et s’il n’a rien à dire pendant quelque temps,
eh bien toute la machinerie est au repos,
et c’est en aucune façon, forcé, subi, oppressant, invalidant, frustrant
cela, c’est beaucoup grâce au fait,
que je n’entretiens pas mon désir d’une manière artificielle,
avec la pornographie,
ainsi, il y a une espèce de d’équilibre qui s’est mis en place,
je suis à l’écoute de mon corps, à l’écoute de mon désir,
je me plie à eux comme je me plie aux saisons
le désir m’irrigue, m’enrichit, me magnifie,
me rend par moments incandescent de chez incandescent,
me fait pratiquer en rafales, sans discontinuité, certains jours
mais en même temps, je le respecte,
je le sollicite en respectant ses cycles,
je ne crée et n’entretiens pas de tempêtes artificielles,
je laisse les énergies au fond de moi se réguler,
monter en puissance,
se déchaîner quand elles veulent
sans jamais essayer de forcer
mais sans jamais essayer de me retenir aussi

