au fond, l’utilisation des énergies en nous,
pour moi, c’est l’Eldorado caché, en nous,
l’or caché des instants,
à consommer sans modération
selon mes théories à moi, selon mes affabulations,
selon la cosmogonie qui me fait tourner,
elles sont derrière les rêves la nuit,
je l’ai déjà décrit maintes fois,
derrière toutes les sortes d’émotions qu’on peut éprouver,
derrière la volupté, derrière la jouissance
derrière la nature, aussi,
elle semble comme un océan gigantesque
partout dans l’invisible,
cela me frappe par moments, durant mes promenades,
cela me bouleverse, cela m’envahit de toutes parts,
on se sent emporté irrésistiblement
derrière la mort, peut-être, il n’y a plus qu’elles
mais cela, c’est une autre histoire,
la prochaine étape,
elle ne m’intéresse pas outre mesure pour l’instant,
elle me fait peur et en même temps, elle ne me fait pas peur,
c’est comme cela, c’est nécessaire, c’est tout,
comme d’aller chez le dentiste de temps à autre,
on n’y peut rien
le paradis, l’enfer, c’est là directement,
uniquement ici, dans l’instant, dans cette vie, dans ce monde,
selon ce qu’on s’est construit
ou selon ce qu’on subit,
non pas dans l’après-vie
ce sont elles, les énergies cachées en nous de la vie
que je cherche, désormais 24h sur 24h,
à les faire monter à la surface, à les goûter sous toutes leurs formes,
le plus possible, le mieux possible
là, j’interromps un moment la rédaction de ce petit texte
pour m’offrir quelques moments de cette sorte de danse tandava
que je me suis bricolé,
voilà je suis revenu, c’était juste une petite minute,
debout à côté de mon siège de bureau,
à me consommer un petit moment,
à injecter une sorte d’intensité aux moments,
une forme de libération, de ressourcement,
à vivre la connexion du corps et de l’esprit
vraiment tous les prétextes sont bons pour cela,
là je m’interromps encore une autre minute ou deux,
pour vivre une petite séquence express de volupté en mode yin
vivre l’union du féminin et du masculin en soi,
une fois qu’on y parvient bien, qu’on est bien avancé dans cette pratique,
c’est sans doute la source d’accès la plus facile et la plus gratifiante, en solitaire
pour accéder aux flots des énergies soyeuses en nous,
à vivre leur consumation ardente dans notre chair et notre esprit
après, plus tard,
quand j’aurai terminé de manger et quelques taches domestiques,
je vais plonger dans un livre, un film, une musique
ou peut-être s’il fait sufisamment bon, une promenade en forêt,
les grands arbres semblent aussi comme des jets d’énergie
s’élançant majestueusement, splendidement, en permanence, vers le ciel,
oh essayer de vibrer, de vibrer, un moment, à leur contact
voilà, le mot est lancé,
vibrer, vibrer,
je ne vis plus que pour cela
maintenant que je suis dégagé de l’obligation de travailler,
que je suis à la retraite,
que je peux travailler uniquement pour moi-même,
pour mon âme, pour la splendeur cachée dans ma chair
oh vibrer, vibrer,
aussi, avec d’autres humains, bien sûr,
joindre des mains, joindre des sexes, joindre des peaux, joindre des coeurs,
joindre d’autres univers, d’autres mondes de sensations, d’émotions, d’imagination,
goûter aux rires, goûter aux sourires,
un instant
beaucoup de choses , ici-bas, qui sont fait pour être jointes, rejointes, réunies
humaines , non humaines,
je serai tenté d’écrire, même à peu près tous et tout,
ici-bas cherche à être rejoint et à joindre

