quand le moi dans la tête, l’intellect arrête ses jacasseries,
qu’on essaie plus ou moins de le forcer à faire cela pour quelque temps,
pour essayer de mieux ressentir, de mieux éprouver,
d’être plus près, d’être au plus près, de son corps
celui-ci,
si le mécanisme de connexion n’est pas encore bien établi, bien en place,
peut sembler comme une grande muette,
une espèce de non-présence immense
qui peut sembler un vide lancinant
de plus en plus intolérablement
pourtant cette condition, cet état, est absolument nécessaire
pour l’avènement massif des sensations et des émotions,
pour un flot de plus en plus libre,
de plus en plus omnipotent, riche et varié
nous ne serons capable de vibrer de tout notre être,
avec persistance et un crescendo comme de plus en plus miraculeux,
chair et esprit réunis,
que s’il y a eu au moins à un moment donné,
l’acceptation totale et sans limites,
à priori, du vide, de la non-présence du corps
c’est à cette condition-là que les choses sérieuses peuvent commencer,
qu’on a fait table rase en soi, pour un moment,
qu’il y a eu un moment significatif et efficace d’humilité
que le terrain de jeu, la scène, peut se mettre en place,
que la pièce, que le jeu, peut éventuellement démarrer

