#52037
Avatar photobzo
Participant

décidément, je chéris tout particulièrement

ces quelques moments de volupté,

de voyage voluptueux en moi-même, j’ai envie d’écrire

que je m’accorde quasi systématiquement chaque matin,

au réveil, sous la couverture

 

ils ont quelque chose, je ne sais quoi, de spécial,

est-ce la proximité des rêves que je viens de quitter?

pour moi, personnellement, j’en suis convaincu que c’est cela

qu’il y a beaucoup de choses en commun

dans l’essence intime des rêves et puis celles de la volupté,

principalement, les énergies,

qu’elles se bâtissent sur celles-ci,

leurs flots circulent librement durant la nuit

ou durant les moments de volupté,

transportant comme des brefs continents,

toutes les deux sont motorisés

par ces énergies dans nos profondeurs

 

ce matin,  sous la couverture, donc,

baignant dans la chaleur de mon corps,

mes mains se sont posés sur la peau,

mes hanches se sont mises à danser tout doucement

 

et il y avait tout de suite comme un autre corps,

je semblais avoir poussé en un temps record

un autre corps

qui ne semblait avoir ni un intérieur, ni un extérieur,

il semblait être un peu partout,

dedans, dehors, autour

 

la densité semblait la même partout,

la volupté créait cette densité

et elle semblait comme une passerelle,

elle abolissait les frontières,

je pouvais marcher dessus,

j’étais insignifiant, j’étais minuscule, j’étais léger

ou plutôt j’étais à la fois plus rien

et j’étais tout, tout ce qui existait pour l’instant,

plus rien d’autre n’existait que moi,

mais en même je semblais ne plus exister

 

plus rien d’autre n’existait

que la densité de cette volupté sur laquelle je semblais me déplacer

avec les frontières de mon corps abolies

 

la densité de la volupté était partout,

dedans, dehors

et elle constituait un continent,

un continent de sensations à explorer

 

tout un monde de montagnes russes soyeuses

avec plein de surprises sensorielles dans les montées, dans les descentes,

des apparitions qui se ressentaient,

une faune et une flore de fantômes délicieux

qui se laissaient deviner subrepticement dans les virages, les envolées

 

les mains sont tellement magiques,

ce sont deux petits corps vivants indépendants,

ils ne font pas vraiment parties de l’ensemble,

ils participent à créer l’ensemble,

à le faire chanter, à l’enchanter

 

mais en même temps,

qu’elles créent de la fusion, de la communion,

elles fusionnent elles-mêmes à leur façon tellement à la peau,

une fusion fugace, indépendante, volage, espiègle,

une extra-fusion en surplus de la fusion générale,

une fusion en forme de cerise sur le gâteau

qui rebondit joyeusement comme un ballon de-ci, de-là,