délicieuse soirée,
à ma petite table de lecture, entre les bibliothèques,
avec trois, quatre, bouquins
et puis mon corps chéri
tant d’univers qui s’offrent à moi,
à ma curiosité, à mes explorations,
le papier, la peau, des lignes et des lignes de mots,
des photos de tableaux,
les mouvements, les doigts,
les contractions, les frottements,
l’émotion, la sensation,
tout cela, pendant des heures,
s’emmêlant joyeusement
j’en sors comme d’un bain enivrant
dans lequel a baigné tout mon être,
un bain tellement riche, tellement divers,
il y avait un bouquin avec des dessins de Picasso,
un autre avec de magnifiques photos sur l’art décoratif à Venise,
il y avait les poèmes de René Char, un essai de Claire Marin,
Les Mystères de Paris d’Eugène Sue
et puis les mystères de mon corps chéri
mon corps chéri prêt à chanter, prêt à enchanter,
à la moindre sollicitation,
comme mes tétons deviennent durs instantanément,
comme mes contractions me font gémir,
oh cette sensation de pénétration à chaque que je déclenche,
elle me remonte entre les reins,
monte, monte,
jusqu’à exploser en feux d’artifice soyeux dans mon cerveau,
c’est à chaque fois, un ascenseur hydraulique
à toute vitesse vers le ciel
comme tout cela s’accorde merveilleusement ensemble,
les mots, les dessins, les magnifiques photos,
la volupté, la jouissance,
je me sens comme un poisson dans l’eau, avec tout cela

