nous vivons un moment extraordinaire de notre histoire,
un moment que j’aurai aimé ne pas avoir à vivre,
que j’aurai jamais cru avoir à vivre
tellement cela paraissait imaginable
dans l’état d’avancement de nos sociétés, de nos civilisations
un monde nouveau est à nos portes,
l’on assiste à son accouchement
et cela fait peur, tellement la démocratie, les libertés,
tout ce monde autour de nous, lentement bâti,
semblent être en péril,
tellement la guerre même
qu’on croyait définitivement éloignée de nos cités,
semble à présent de moins en moins une improbabilité
la barbarie est à nos portes,
l’intolérance, un rétrécissement dramatique des valeurs,
des portes qui se referment de tous les côtés
et qu’on n’ouvre plus qu’avec prudence,
le fusil et la suspicion en bandoulière
purée, pas la pêche, ce matin,
tentation du repli, de ne plus s’occuper de rien d’autre que de soi,
de barboter dans son petit monde
et de ne plus s’occuper de rien de ce qui arrive autour

