10h30 du matin,
toujours sous les couvertures,
je ne parviens pas à m’arracher à mon lit,
pourtant je m’étais juré de refaire les joints silicone dans la salle de bain aujourd’hui
mais que voulez-vous, il fait tellement doux, tellement chaud
et tellement irrésistiblement voluptueux là-dessous,
mon corps chéri et moi, nous nous roulons dans le stupre depuis au moins une heure,
on ne s’en lasse pas, on s’y plonge et replonge
imaginez une piscine emplie de plaisir
et un soleil de plomb qui est au zénith,
vous n’avez envie que d’une chose,
c’est de vous rafraîchir,
à peine sorti de la piscine,
vous n’avez envie que d’une chose,
c’est d’y replonger,
d’être recouvert tout entièrement par ce qu’il y a dedans,
d’être immergé tout entièrement dedans
mes doigts vont et viennent inlassablement, partout, partout,
les hanches dansent, les cuisses frottent,
j’ai le bassin qui ondule, qui se tord dans tous les sens, qui se tortille,
les muscles de mon périné sont déchaînés comme un accordéon de bal du 14 juillet,
cela se contracte de tous les côtés,
cela pulse, cela vibre, cela spasme, cela frémit, cela sursaute, cela gémit,
mon petit robinet coule sans discontinuité de bonheur,
mes tétons sont durs et pointent, pointent,
j’ai des courbes dansantes partout
et je les parcours des doigts, des muscles, des mouvements, des gestes
pour faire chanter l’instrument
et comme il chante, oh comme il chante,
comme il fait bon vivre, comme il fait bon être, dans cet état,
le désir semble être une pieuvre aux milliers de tentacules
dont je suis devenu le jouet à triturer, à tripoter, à trifouiller,
c’est le paradis pour le moment,
alors les joints de la salle de bain attendront

