toutes proportions gardées,
il y a de sérieuses similarités entre le rejet d’une part des critiques
(surtout français) du cinéma du réalisateur italien Sorrentino
et puis celui qu’a connu en son temps, Proust,
depuis reconnu comme un des plus grands, voire plus grand écrivain
qui n’ai jamais vécu
Proust aussi, le récit de la Recherche du Temps Perdu, se passe dans les milieux huppés, privilégiés
les nobles de l’époque, leurs réceptions fastes,
les vacances dans les hotels cinq étoiles en bord de mer, de l’époque,
les salons où l’on reçoit, les papotages malveillants,
beaucoup de futilités, de choses insignifiantes
tout cela forme comme une surface, l’écume sur plusieurs couches,
de ses livres
mais bien sûr, si on prend la peine d’aller un peu au-delà,
de creuser un peu,
toute l’humanité se trouve là, toutes ses qualités et ses défauts, toute sa diversité, sa richesse,
toutes les qualités dramatiques possibles, la nostalgie, l’humour,
tout ce qu’on peut attendre d’un chef d’oeuvre parmi les chef d’oeuvre,
est bien là
eh bien, il en va un peu de même pour le cinéma de Sorrentino,
cela se passe la plupart du temps dans des milieux très favorisés,
dans des paysages de carte postale,
le regard de la caméra s’attarde avec concupiscence sur la beauté des femmes,
le récit insiste sur bien des choses qui peuvent paraître superficielles
mais cela, comme chez Proust,
ce ne sont que les premières couches,
il y a dessous un noyau extraordinairement riche, complexe
qui nous offre de splendides moments d’émotion cinématographique
et un récit passionnant de bout en bout

