sentez comme l’emplissement
se répand soyeusement
jusqu’au plus profond
de votre être
sentez comme il a des ailes,
comme il a des nageoires,
sentez même comme ses coups de marteau
sont délicieux à vivre
sentez comme il y a comme le déplacement d’un ascenseur
puissant, fluide, irrésistible,
sentez comme il semble monté sur roulement à billes,
comme il a quelque chose d’irrépressible,
de phénoménalement perçu de toutes parts
et en même temps, de quasi imperceptible,
sentez comme il est évanescent,
comme il est intemporellement furtif
ce qui s’est ouvert,
ce qui un instant s’est empli
ce qui un instant vous a servi
et en même temps un instant vous a asservi,
ce qui est retourné au néant
ou peut-être pas,
c’est toi, toujours toi, implacablement toi,
grandiosement tu t’es regardé un instant,
grandiosement tu t’es vu un instant,
grandiosement tu as jubilé un instant
de te voir, toi et ta face cachée, tu crois, dans le miroir

