#51787
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free style,

quand je me réveille sous les couvertures, au matin,

je suis « free style »,

me suis habitué à quelques moments comme cela

 

à savoir,

mon corps qui se met à bouger un peu comme un ver de terre,

il se contorsionne, se contracte, se frotte, se presse contre tout, contre rien,

apparemment sans qu’il y ait un chauffeur dans l’engin

 

pourtant, il y a une logique à l’oeuvre dans ces moments,

celle de la perception, du ressenti,

un flux de perception s’établit

et il s’agit de le suivre, de le maintenir, de le faire grossir,

sans faire attention comment,

qu’est-ce qui bouge, qu’est-ce qui se contracte,

qu’est-ce qui se frotte, qu’est-ce qui se presse,

contre quoi

 

il n’y a même aucune recherche de sensualité, de langueur,

juste ressentir, être empli de vibrations,

en fait, la seule chose vraiment nécessaire,

c’est la connexion entre le corps et l’esprit,

qu’ils soient parfaitement unis,

ne forment plus qu’un,

c’est avant tout cela, le but recherché,

n’être plus qu’un flux de vibrations sous les couvertures

 

c’est quoi au fond, la connexion entre le corps et l’esprit?

me demandez-vous,

bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée,

en résumé, c’est se mettre à l’écoute de son corps,

rien de plus, rien de moins

quand l’esprit écoute, quand l’esprit est tout entièrement à l’écoute,

sans restrictions, ni arrière-pensée qui vient perturber,

il est lié à lui, connecté à lui

 

les mouvements, les frottements, les contractions,

anarchiques, désordonnés,

envoient des vibrations à travers le lien,

l’établissant toujours plus, le renforçant toujours plus,

le perpétuant toujours plus

 

à d’autres moments,

mon sexe me semblait être immense,

un python géant, lentement se mouvant entre les cuisses, sur le ventre

mais en fait, il n’avait pas changé de taille pour un sou,

était toujours aussi flasque de chez flasque,

c’est juste qu’il était prolongé,

prolongé densément, prolongé intensément,

allongé densement, allongé intensément,

par les vibrations qui s’en dégageaient

 

à d’autres moments,

il me semble comme une barre de trapèze

auquel mon bassin était accroché,

bougeant dessus, accroché,

effectuant dessus, autour, toutes sortes de figures de style

 

il vibrait, le bougre, comme il vibrait,

je l’aime comme cela, tout en vibrations,

je l’embrasse à distance de tout mon amour,

je l’engloutis de tout mon être dans la distance de tout mon amour,

je le récupère de tout mon être jusqu’au fond de la gorge,

jusqu’au fond de la tête,

le voilà qui se met à couler de bonheur,

libérant des tonnes de liquide épais, chaud, gluant,

j’en suis envahi, je nage dedans,

mon cerveau en est extravagamment multicolore,

tout en filaments nageant dans tous les sens

comme un bal de pieuvres dansant, enlacés les uns aux autres,

sur une musique dans le sang