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la qualité de votre plaisir,

son intensité, sa richesse, sa variété,

dépendent essentiellement d’un paramètre,

à quel point vous parvenez dans l’instant

à établir le lien, la connection,

une complicité avec votre corps

 

ceci explique pourquoi à certains moments,

même une simple caresse

peut vous faire jouir,

à d’autres, elle vous laissera de marbre,

alors que dans les faits et les gestes,

tout semble similaire

 

votre corps vous récompense

si à un moment X,

vous êtes parvenu à vous rapprocher de lui,

à vous ouvrir à lui, à vous offrir à lui,

il déversera ce que vous attendez,

ce que l’oisillon insatiablement affamé que vous êtes quelque part,

attend, bec grand ouvert, piaillant

 

Etre complice dans l’instant de son corps,

c’est accepter de ne plus réfléchir à ce que l’on fait,

c’est accepter de se laisser conduire, d’être mené,

c’est accepter de ne plus savoir,

accepter qu’il n’y a rien à savoir dans le feu de l’action,

que ce qui est su dans l’instant,

est un savoir immémorial qui est dans nos tripes

 

un savoir sans savoir qui est sans limites,

apparaissant, s’établissant, croissant,

dans les moments de communion voluptueuse

de notre corps

et de notre esprit qui est venu le rejoindre

puis disparaissant sans laisser de traces

 

bon, d’autres paramètres, jouent aussi, bien sûr,

comme la technique, les automatismes acquis

mais l’essentiel, encore une fois, est ailleurs,

l’essentiel est là dans l’instant,

profond enfoui dans le lit de l’instant et dans nos tripes,

quand on est parvenu à se dépouiller de tout bagage,

qu’on est sans passé, ni lendemain, sans précédent, ni héritage,

qu’on est devenu un simple autel, un point de rendez-vous