mon corps m’avait préparé une surprise au réveil,
les frottements, les contractions
s’étaient organisés en symphonies,
en glissades vertigineuses, en ravins chantants,
j’étais entraîné dans un traîneau de soie
qui se prenait pour un tapis volant
le chaos était tellement organisé
en chaos,
cela veut dire que je n’étais prévenu de rien,
que je ne m’attendais à rien
mais que tout arrivait, cependant, comme par enchantement,
que tout arrivait avec une complicité totale
de ce qui s’était passé l’instant d’avant
et de ce qui allait se passer l’instant d’après
eh oui, j’étais pris dans la faille,
je dégringolais, je m’abandonnais,
je glissais, glissais,
cela occasionnait des soubresauts épiques,
des désagrégements monumentaux,
des montagnes s’élevaient un instant,
l’instant d’après, étaient remplacés par des gorges
tout en dévalements, rebondissements, en bosses et en creux
le vide était habité par tous ses fantômes,
il y en avait toute une galaxie,
mais tout cela peut se résumer à un mot finalement,
plaisir,
oh mais laissez-moi broder un peu,
laissez-moi tenter de vous faire m’accompagner un instant,
rétrospectivement,
un reculons comme dans un film puis on relance l’action
avant que celui ne s’évanouisse
car les mots sont comme des bulles transporteuses qui éclatent rapidement

