une volupté,
comme si elle n’était pas de ce monde,
en même temps,
comme s’il n’y avait rien d’autre
qui existe
tellement animale, tellement charnelle,
tellement viscérale, tellement crue
et en même temps,
tellement totalement céleste,
éthérée, désincarnée
une volupté qui semble pouvoir être localisée
précisément à chaque instant,
qui semble pouvoir être suivie à la trace, cellule par cellule
au fur et à mesure qu’elle se répand, qu’elle se meut en nous
et en même temps,
qui semble être partout à la fois,
tellement globalisante, expansionniste,
tellement généralisée à tout notre être,
générant une sensation d’harmonie sauvage, d’ensemble, d’unité,
d’être une entité dont les parts, même les plus infimes,
semblent interconnectées et dialoguer entre elles
tellement en même temps, semblable à elle-même,
comme immuable, existant depuis toujours
et pourtant variant constamment, se renouvelant
défilant sous forme d’un carrousel de nuances
sans cesse changeant

