il y a vraiment un monde de différence
entre ces moments où je suis au lit
ou même juste assis dans un fauteuil
ou encore sous la douche
ou encore faisant ma gym
où je recherche à vivre le plus possible de jouissance et de volupté,
où je laisse le plus possible les digues s’ouvrir
à coups de caresses, de mouvements, de gestes, d’ondulations,
de contractions, de frottements, d’effleurements,
divers et variés
et puis ces brefs moments du quotidien,
qui soudainement sont comme mis en exergue,
deviennent comme des parenthèses sublimes,
déclenchés par un quelconque geste,
par un mouvement ou position du corps
ou encore la contraction d’un muscle n’importe où,
qui m’a paru propice, adéquat, ayant le potentiel
pour devenir le tremplin vers une communion voluptueuse
et que je laisse se transformer,
que je laisse être habité
par les énergies, les vibrations, du yin,
en me lâchant tout en me mettant sous tension
et me connectant à mon corps
recherche d’une harmonie sauvage dans l’instant,
presque de vivre un geste zen,
le geste de l’archer qui ferme les yeux
et cherche la cible qui est devant lui, au fond de soi-même,
un moment d’élan, de surgissement, des énergies vitales,
devenir comme une statue de vibrations sculptée dans l’instant,
emmenée à fondre quasi instantanément
comme neige au soleil

