heureux moi,
j’ai 5 organes sexuels:
-mes génitaux
-ma prostate
-mon anus
-mes tétons
-et le reste du corps
mon cher anus,
il est surnommé dans la région,
le volcan affectueux, le volcan volubile,
pas très subtil, certes,
mais d’une générosité infatigable
ma prostate,
elle, elle est surnommée la reine,
un peu diva sur les bords, capricieuse,
difficile même parfois
mais dès qu’elle se met à chanter,
on comprend pourquoi ce sobriquet,
elle règne de par sa finesse et sa richesse,
admirable bouquet d’ondes se projetant continuellement vers le haut,
incisives, fines, vives, brillants d’un éclat cristallin
mes génitaux,
mon petit paquet chéri,
mes deux petits boules de poils qui se balancent, qui se dodelinent
et ce tube à géométrie variable
avec ce gros gland violacé au bout,
comme je les adore
ils auraient du me servir à me reproduire,
cela ne s’est pas fait,
comme je le regrette maintenant quelque part,
une petite fille ou deux ou trois,
cela aurait été une bénédiction du ciel
de vivre chaque moment avec elles,
côtoyant leur magie, leur royaume de douceur
mais sinon, à part cela, en mode yin,
leur façon de s’épancher avec générosité
au moindre contact de mes cuisses,
dispersant à la ronde une volupté
si légère, si riche, si pleine de nuances,
me ravit et me ravira toujours
et je les sollicite quasi constamment
quand je suis en action,
en conjonction ou pas, avec d’autres acteurs de mon plaisir
n’oublions pas non plus les moments, en mode yang,
où le petit tube se durcit,
où il semble se mettre à vibrer comme une antenne,
fier et pavanant qu’il devient,
mon petit bélier adoré,
oh je ne t’ai pas donné beaucoup d’occasions ces dernières années
d’aller faire trempette dans des orifices appropriés,
musculeux et bien gluants
où il fait bon plonger et encore plonger, faire des allers retours,
où il fait bon se frotter contre des parois en mouvement,
se serrant, se desserrant, se resserrant
le seul problème avec mon petit braquemart chéri
est que s’il crache à un moment donnée,
cela prendra des jours et des jours après
pour faire remonter le niveau des réservoirs d’énergie
à leur maximum de chez maximum
et que la machinerie refonctionne à à 200%, à 300%, à l’infini%
avec toute la finesse et la richesse, sans limites dont elle est capable
mais hé, c’est la nature, il faut faire avec
et puis il y a mes tétons,
ah mes tétons,
ils sont surnommés au pays,
les tout mimis minis,
des chérubins de pénis aux étages d’en haut,
les deux font la paire, les deux font l’aubaine,
comme mes doigts les adorent,
ces deux chers petits turbos qui décuplent toutes les ondes circulant ailleurs,
immédiatement dès que je me mets à les tripoter
et puis tout le reste du corps,
tant et tant de régions, tant et tant d’explorations,
par monts et par vaux,
par muscle, par organe, par os, par poil, par cheveux, par millimètre carré de peau,
par geste, par mouvement, par position,
c’est la grande muette, généralement
mais pas si muette que cela quand je suis en action,
oh que non
elle offre une telle diversité d’ondes,
une telle infinité de nuances,
sans elle la musique ne serait pas chorale,
ne serait pas symphonique même
bon, on peut préférer régulièrement des formations plus réduites,
genre musique de chambre, quatuor, duo et même solo
mais la puissance et la richesse de tout un orchestre symphonique,
c’est quand même quelque chose d’assez inégalé
cela vous empli les oreilles, les tripes, bombastiquement, avec urgence,
cela vous décolle irrésistiblement,
cela vous projette avec une aisance déconcertante jusqu’aux cieux,
cela vous fait valser dans les airs
comme si vous étiez une plume dans le vent,
comme si vous étiez une nymphette entre les doigts de King Kong
ah mes amis,
comme le désir est bon,
comme le désir est bon,
quelle belle plante,
ah quelle belle plante
et comme elle a bien poussé chez moi,
je la sens partout dans mon être,
ses millions de feuilles qui peuvent se mettre à frémir
pour un oui, pour un non,
ses branches se mettre à se balancer majestueusement
et puis son tronc qui semble être comme une colonne vertébrale, une autoroute,
d’ondes qui montent puis qui se dispersent dans toutes les directions
delta de mon amour
qui tendez les bras vers le ciel
vous vous êtes nourris parmi les terres,
dans ses profondeurs, dans son humus,
faites-moi goûter à la soie des instants,
à son flux délicieux, incomparable,
encore bien longtemps et bien fort

