grasse matinée,
j’ai une paume en balade sous les couvertures
qui tâte, qui palpe, qui presse, qui frotte, qui râcle
j’ai le cul en balade aussi,
je suis tout liane lascive là en bas,
avec les muscles autour de l’anus et du périné
qui jouent entre eux
mon cul, mon cul,
est un ange,
c’est sûr, à ne pas en douter,
à chacun de leurs battements,
je sens ses ailes qui remontent ineffablement en moi
qui balaient de leur soie ma chair
mon sexe n’en peux tout de suite plus,
il se met à couler comme un petit robinet
qui fuit à grosses gouttes,
je sens comme un océan
qui vient battre en lui,
qui vient tendre sa langue en lui
mes seins appellent,
les mains accourent,
faut pas leur demander deux fois,
ils enveloppent tendrement, pressent,
déplacent un peu, à gauche, à droite,
frottent, frottent, frottent
deux lacs de volupté
dans la poitrine
qui cherchent à se rejoindre
et qui y réussissent
deux gros phares d’ondes
dans la nuit de ma poitrine
qui éblouissent
le bonheur est dans l’instant,
pas dans le pré,
blotti comme un oiseau dans son nid
qui frémit de toutes ses plumes,
je les sens partout en moi
le plaisir,
c’est toujours une rencontre,
il faut qu’il y ait partage,
que la chair et l’esprit
se trouvent un moment,
en un ou plusieurs corps,
indifféremment de leur genre
les genres vont et viennent
chez les gens bien délurés comme il faut,
ils savent se faire tantôt pointus, tantôt fendus,
selon les moments

