assis à mon bureau,
perdu dans mes pensées,
m’acquittant de quelques petites taches
à l’ordi,
comme m’informer du bain de sang en continu
qu’est le monde
ou de temps qu’il va faire aujourd’hui
ou encore de mettre à la poubelle
les publicités qui sont arrivées pendant la nuit,
dans ma boîte mail
soudainement,
j’ai envie d’un peu de nectar,
d’une brève mais profonde,
partout là où il faut,
là où cela fait du bien,
d’injection de nectar chaud,
soyeux et vibrant
qui ressource bien,
qui vous fait un bien terrible, un moment,
dans l’âme et partout ailleurs,
dans vos os, dans votre sang, dans vos muscles
j’enfouis sous les paumes, les seins,
les pressent, les malaxent un peu,
sens les tétons se durcir instantanément
comme j’aime sentir
tout contre la peau de mes paumes,
leur petites érections,
titiller encore et encore
ces petits bouts
de chair fripée et durcie
j’essaie de les renverser,
de les garder couchés
mais toujours ils se redressent
une chaleur dense,
se diffuse dans mon bassin,
me démange délicieusement,
me donne irrésistiblement envie de bouger des hanches,
de ressentir le rythme lascif du désir
les mouvoir
toujours,
je me cabre dans ces moments
et je sens quelque chose s’ouvrir irrésistiblement au creux de mes reins,
et en même temps s’emplir irrésistiblement au creux de mes reins
je me sens
me faire l’amour,
je me sens homme,
je me sens femme
plus que ce moment
de communion charnelle
compte,
brève plongée
dans l’éternité
pour un instant,
j’étais uni à moi-même,
j’étais entier,
j’étais vibrant
jusqu’au fond de l’âme,
ma journée déjà,
n’est plus perdue

