les ondes de la prostate,
au début, quand elle commence à être sollicitée avec succès
sont tellement, tellement, plaisantes,
leur petit faisceau, titillant, fourmillant,
qui va en s’accroissant,
montant, s’élargissant,
répandant leur volupté si particulière
cependant, il faut bien avouer,
après un certain temps,
que si leur intensité cesse de croître,
on finit par être frustré
car elles manquent singulièrement de variété,
sont plutôt monocordes
l’aboutissement logique
de toutes ces ondes
qui sont, en fait, normalement,
juste qu’un préliminaire ou transitoires,
cela devrait être le feu d’artifice d’un orgasme
le plaisir prostatique,
c’est cela, avant tout, un orgasme,
un de temps à autre, dans un premier temps
puis à la chaîne,
arrivant les uns après les autres,
plus ou moins rapidement,
parfois en continu
et c’est là
que toute la richesse, toute la diversité
du plaisir prostatique,
se révèle dans toute sa splendeur,
des orgasmes à la pelle,
de toutes les couleurs et de toutes les formes,
chacun d’eux étant unique,
avec une progression sans limites, possible,
dans leur intensification et dans leur diversification
alors, ce fameux plafond de verre,
comment passer de ces ondes plaisantes,
parfois même très très intenses, par moments,
à l’implosion généralisée, incontrôlée,
dans notre chair?
le raz de marée qui ne se produit pas,
jour après jour, séance après séance
les digues qui frémissent, qui sont ébranlées
mais qui tiennent,
mettent à l’épreuve notre motivation,
l’usent peu à peu
la qualité , l’excellence, en tout domaine,
n’arrive pas toute seule,
ne nous tombe pas dans la bouche comme un fruit mûr
sans qu’on ait rien eu besoin de faire,
sauf pour quelques personnes à part,
qui ont certains talents de naissance
la plupart du temps, pour la plupart, cela se mérite,
il faut lutter pour,
parfois même beaucoup et longtemps,
parfois même, cela ne suffit pas
il nous faut découvrir une petite clef en nous, en fait
mais qui est unique, personnalisée, à chacun
et il n’y a pas de mots, pas de phrases
qui la décrivent avec sufisamment de précision
pour que ce soit transmissible d’un être à l’autre,
cela ne peut être décrit, détaillé,
sans foule d’ambiguïtés et de malentendus
qui font que cela ne passera jamais dans le cerveau d’une autre personne,
de façon que ce soit utilisable concrètement
une clef ,en même temps,
dans notre mental et dans notre chair
une interaction subtile, profonde
dans tout notre être
pour ouvrir durablement la voie aux orgasmes prostatiques
une capacité,
de se laisser aller, tout en libérant les énergies,
de jouer tantôt en finesse, tantôt en force,
avec les muscles du périné ou avec le masseur
une capacité à jouer de la tension
engendrée par notre positionnement dans l’espace,
de se mettre dans les meilleures dispositions,
mentales comme physiques,
sentir quand il faut se relâcher,
quand il faut maintenir une certaine tension
ça a l’air compliqué comme cela
et ça l’est tant qu’on n’a pas saisi comme au vol,
au plus intime de soi-même,
cette clef
quelques petits pistes, malgré tout:
il faut s’armer d’une patience toute spéciale,
il faut essayer de la faire fructifier
pas juste persévérer, insister, platement, de manière têtue,
elle doit devenir le matériau même sur lequel on travaille
on doit pouvoir la transformer en une sorte d’humilité,
apprendre à laisser royalement faire le corps
et ne pas essayer, même du bout du bout de l’intellect,
encore de continuer à tirer les ficelles
de ce qui est en train d’être effectué
et puis le rythme,
le plaisir prostatique a un rythme,
relâchement, mise en tension,
relâchement, mise en tension,
cela doit glisser, cela doit monter et descendre,
de plus en plus comme des vagues qui se suivent paresseusement
bien dessiner les creux,
bien dessiner les cîmes,
oser les temps morts
entre le creux de l’une
et la cîme de l’autre,
ne pas hésiter à laisser s’installer
comme un moment de silence dans la chair,
laisser quelque chose se regrouper en nous,
quelque chose se préparer pour le prochain bond en nous,
se recueillir dans le moment
pour être prêt à mieux germer,
prêt à mieux éclore dans l’instant suivant
et puis, et puis,
il faut oser la lenteur,
oser l’exploration minutieuse, détaillé, tatillonne,
rendre le désir curieux des plus infimes détails,
qu’elle ne soit pas juste bonne pour la cavalcade
encore un élément à prendre sérieusement en considération,
c’est le titillement des tétons,
tellement important cela,
nos tétons sont les plus précieux alliés de la prostate,
les tripoter, les chipoter, du bout des doigts,
quasi en continu,
en se synchronisant au rythme des contractions ou du masseur
cela s’enflamme tellement plus facilement en nous, ainsi,
tellement plus durablement

