quelle douceur en l’air, déjà, à huit heures du matin
malgré qu’on soit fin- septembre,
il n’y a pas cette fraicheur un peu glaçante
comme si quelqu’un avait laissé la porte du frigo entrouverte, à proximité,
la journée va être glorieuse, on a annoncé des 24°
je marche dans les rues encore désertes
ce samedi, de l’archi-centre de Bruxelles
et je me sens bien, incroyablement bien,
tranquille, apaisé, sûr de moi
enfin quand j’écris sûr de moi,
j’entends par là, juste bien,
là dans l’instant, sans arrière-pensée,
sans à-priori, sans craintes,
prêt à accueillir le monde,
prêt à déambuler et à goûter l’instant
comme il arrive
je suis sorti faire un aller retour à la boulangerie,
cela m’arrive très très rarement
mais là, je n’ai plus aucun pain, ni pita, ni biscotte, chez moi
du coup à midi, quand j’aurai pris mon premier repas du jour,
il me falait agir par rapport à cela
il y a une boulangerie tout près
mais la qualité du pain y est quelconque, pas cuit sur place,
un peu plus loin, à quelques 800 mètres,
il y a une des meilleures boulangeries-pâtisseries de Bruxelles,
les 3 ou 4 centaines de mètres en plus,
en valent vraiment la peine
juste avant de partir, pour quelques secondes,
j’ai laissé le flot du yin m’envahir,
sentir en moi la soie dansante,
la soie chaude, frémissante, divine du yin
juste quelques secondes comme cela,
comme une flamme ondulante,
sentir cette incroyable puissance
mais en même temps, tellement douce,
capitalement capiteuse,
royalement envahissante
de sentir ce pouvoir en moi,
cette magie tellement à ma portée,
mon corps tellement en accord,
tellement complice,
je m’en suis allé me balader un peu par les rues,
tranquille et heureux d’être

