sans doute, pour une femme,
une fois qu’elle prend possession de son corps,
laissant son corps la posséder,
c’est juste naturel, cela va de soi
quand cela s’éveille en elle,
quand cela commence à l’emporter,
quand sa chair et son esprit,
se mettent à délirer, ensemble,
sur la monture ardente du désir
mais pour moi
qui suis un homme,
avoir réussi à aller aussi loin,
à l’éveiller en moi
dans cet apprentissage intime, ardent,
en parfaite connivence avec mon corps,
il y a à chaque fois,
comme une sensation de magie
en train de s’opérer
dans la spontanéité absolue,
sans frontières,
je suis ce que je ressens
l’élan vital, le cercle,
l’ardente pente du désir
mon sexe est entrebâillé,
immensément, des pieds à la tête,
je suis face à la mer,
je suis cette ouverture, cette offrande
que pénètrent les vagues,
que pénètre l’écume,
que pénètre le vent,
que pénètre la lumière

