hier soir,
je me suis longuement frotté au drap de coton, dans mon lit,
roulé, glissé, tortillé, ondulé, dedans,
sensations tellement exotiquement délicieuses et délicieusement exotiques,
de ce matériau tellement fin et doux, tout contre ma peau
cela a commencé par une caresse qui est parti de l’épaule,
est descendu lentement sur un sein,
s’est un peu attardée sur le téton
puis est repartie vers le bas
arrivée au bassin, celui-ci a pris le relais,
les doigts s’étant immobilisées à la frontière du pubis,
(règle absolue, chez moi, aucun contact de la main avec le sexe,
durant mes jeux divers et variés)
les hanches ont commencé à onduler un peu, beaucoup, à la folie ,
mêlant leurs ondes à celles générées par la main
puis le relais a été transmis aux jambes
et c’est celles-ci qui se sont mises à se frotter aux draps,
longuement, longuement,
c’était tellement puissant et envahissant comme sensation
je n’utilise plus jamais d’accessoires, appelons-les, coquins, depuis belle lurette,
par contre, il m’arrive d’improviser, au contact d’objets quelconques
qui m’inspirent durant l’action,
ici, je conte des moments intimes au contact de draps,
une absolue première, pour moi
mais j’ai connu des moments splendides,
en me frottant contre mon armoire en hêtre massif
ou encore durant le bricolage,
je monte plein de bibliothèques, mon appartement en est envahi, j’ai des milliers de livres
le contact de mon corps nu (je bricole toujours nu), contre divers matériaux,
comme le bois des panneaux, des chevrons
et même le froid dur du métal des outils,
j’adore m’asseoir parmi les copeaux de bois, avec divers outillage sous mes fesses,
bouger là-dedans, me frotter contre tout cela
tout cela provoque en moi, toutes sortes de sensations étonnantes
que je mélangeais souvent, à des caresses, à des mouvements lascifs du corps,
tout en continuant de bricoler
pour vivre de délicieuses et exotiques sensations
ou encore le coin arrondi de mon immense bureau, en hêtre massif, aussi,
contre lequel je me suis frotté plus d’une fois,
genre chevauchée sauvage, maltraitant un peu mon anus,
avec le bois du coin à l’angle arrondi, contre lequel je le frottais assez frénétiquement,
parvenant à le presser un peu à l’intérieur,
la forme d’un coin de table n’est pas vraiment fait pour cela
mais de sentir ce bois dur contre ma chair, un peu entré en moi,
suffisait pour faire naitre, d’étonnantes et puissantes sensations
je parvenais à me tenir sur la table,
et à chevaucher sauvagement ce coin de table,
en m’appuyant sur mes bras écartés pour équilibrer mes mouvements,
comme je finissais par jouir, c’était épique
mais revenons-en à hier soir,
j’étais vraiment dans de beaux draps
étant donné, le succès de cette action de frottement, entreprise avec les jambes,
j’ai enchaîné avec tout le corps
qui se roulait maintenant dans le coton, s’y frottait sans relâche, ondulait dedans,
c’était devenu presque comme une sorte de danse à l’horizontale,
avec le tissu qui m’enveloppait
il me recouvrait complètement, par moments, j’étais entortillé dedans,
à d’autres, s’échappait vers le côté, tout chiffonné par mes agissements,
« oh là, pas si vite, reviens par ici, toi »
et je tirai à moi le drap presque tombé du lit
et cela repartait pour un tour de frotti frotta
après, je continuais, plus classiquement,
enfin pour moi,
cuisses et génitaux, dans un tango lascif,
contractions qui montent, lentement, lentement
et doigts coquins qui explorent, qui fouillent, par monts et par vaux
avec des petits moments de plongée anale, derrière,
explorant, titillant, farfouillant le trou trou
oh que de délicieux moments,
les murs sont encore tout imprégnés de mes gémissements
et les draps s’en souviennent, aussi,
quelque part, j’en suis sûr

