pour l’obtention du plaisir,
on peut être devenu un expert dans l’établissement du dialogue avec le corps d’autre(s),
condition sine qua non, pour un assouvissement épanouissant, du désir, un instant
mais être, finalement, assez maladroit, pour dialoguer avec son propre corps
cela s’explique par le fait,
qu’on met en route, plus facilement, plus spontanément,
un mécanisme d’effacement du soi,
au contact rapproché d’autres corps,
que quand on est seul
que quand on sollicite uniquement sa propre chair
pour essayer d’y éveiller des feux d’artifice,
sans l’altérité d’une autre chair,
d’un autre désir, d’une autre sensibilité, d’un autre instinct,
sans des gestes, des mouvements, des odeurs, une peau
qui ne sont pas les nôtres
on habite dans notre tête,
ou plutôt, notre intellect, notre moi, y habitent,
en ont fait un donjon, coupé du reste,
pour le meilleur et pour le pire
mais pour se mettre à l’écoute d’un corps,
le sien ou celui d’un ou d’une, autre
il faut qu’ils fassent preuve d’humilité, un moment
et acceptent de s’effacer, plus ou moins,
pour que la tête puisse, à nouveau, faire partie du corps,
refaire partie de l’ensemble,
qu’elle ne soit plus, à nouveau, qu’un organe parmi d’autres,
qu’elle puisse participer, à nouveau,
au grand jacassement continuel qu’il y a dans le sang
certes, la tête n’est pas un organe comme les autres,
elle a des capacités, des pouvoirs, un peu spéciaux,
un peu beaucoup, même
mais elle doit pouvoir se mettre, à un moment donné,
au service du reste , refaire partie de l’ensemble,
pour que notre plaisir, soit un tant soit peu de qualité
et ne se limite pas aux quelques instants de l’explosion de l’orgasme
avec la tête-corps, le corps-tête,
le dialogue est inhérent, le lien est ardent,
la communion est charnelle, spirituelle,
les énergies se mettent à circuler,
dans un réseau plus vaste que l’océan,
les vagues de sensations à danser à perte de vue,
la volupté peut se généraliser à tout notre être, au monde entier,
monter en puissance, sans aucune limite
et la jouissance, déjà, pointe le bout de son nez curieux,
à tout bout de champ
le terrain est devenu propice,
le corps et l’esprit, sont réunis, un moment,
en un gigantesque bac à sable
où le désir peut batifoler
dans le plaisir en solitaire, (ou pas du tout en solitaire, d’ailleurs)
c’est une affaire d’ébat entre le masculin et le féminin, avant tout,
en action, en solo,
on devrait pouvoir complètement oublier son genre,
s’autoriser tous les écarts, faire fi de tous les tabous
pour pouvoir s’explorer sans fin
et goûter au potentiel illimité de sa chair
mais, bien sûr, toujours,
dans le respect absolu de celle-ci

