Dans mes activités Tantra, Sexo, Sexpo et dans la communauté libertine que j’anime, je vois passer de nombreux hommes qui, malgré une réelle volonté de bien faire, se retrouvent coincés dans une dynamique relationnelle frustrante. Ils se mettent dans une posture dans laquelle ils viennent « quémander » de l’affection ou du sexe. Cette attitude, que je qualifie de posture du « mendiant », est un vrai obstacle à l’épanouissement sexuel masculin. J’ai été, il y a longtemps dans cette posture, j’en suis sorti après un long chemin, aussi, je souhaite poser pour vous quelques-unes de mes réflexions sur le sujet.
De mon expérience, l’homme gagne à délaisser ses réflexes de « capture » de sa partenaire pour endosser le costume du « prince » : celui qui est assez souverain pour offrir la liberté totale à sa partenaire, créant ainsi l’espace nécessaire au désir.
L’anecdote du stage Tantra : quand le « mendiant » s’invite dans ce qui doit être simple
Lors d’un stage de Tantra auquel je participais, j’ai été frappé par une situation révélatrice de ce positionnement. Un homme avait jeté son dévolu sur une participante qui faisait déjà pas mal d’activités avec moi. Tout à fait à l’aise avec le fait que cette participante ne m’appartienne pas, je n’avais aucun problème à lui laisser la liberté totale de choisir avec qui elle faisait ses activités, nous avions cependant envie de faire quelques activités ensemble.
Par contre, l’homme dont je parle, au lieu de lui laisser la liberté de s’épanouir par elle-même avec plusieurs partenaires, et de se laisser porter par le flux des exercices et l’énergie collective, passait son temps à vouloir être avec elle, cherchant à être son partenaire pour les pratiques ou voulant manger à côté d’elle, entrant dans une espèce de compétition dénuée de sens pour moi et dans le contexte d’un stage Tantra. Il se comportait en « mendiant », essayant de la « capturer » pour lui tout seul dans cet espace pourtant dédié à l’ouverture et à l’expérimentation avec de multiples partenaires.
De mon point de vue, ce comportement est symptomatique d’une peur profonde : celle que si l’on ne capture pas l’autre, on va le perdre ou mourir de faim. En agissant ainsi, cet homme ne voyait pas qu’il créait un malaise. La femme, se sentant traquée, vivait finalement mal la chose, elle m’a d’ailleurs confié que c’était pas agréable pour elle.
C’est ici le paradoxe du mendiant : en voulant posséder l’exclusivité et l’attention pour se rassurer, il tue la liberté et la fluidité qui sont de puissants moteurs du lien. Cet exemple en stage Tantra nous appelle, nous les hommes, à une profonde réflexion sur notre positionnement : sommes-nous là pour prendre ou pour laisser la liberté et venir à nous les bonnes personnes ?
La psychologie du mendiant : pourquoi l’épanouissement sexuel masculin stagne dans la capture
Le « mendiant » sexuel est le produit d’un conditionnement que les sociologues William Simon et John Gagnon ont théorisé sous le nom de « scripts sexuels ». Dans ce schéma classique, l’homme est perçu comme celui qui a des besoins physiologiques pressants, et la femme comme celle qui accorde (ou refuse) l’accès à son corps. Je pense que ce script enferme les hommes dans un rôle de solliciteur permanent, ce qui est épuisant et dévalorisant.

Lorsqu’un homme se comporte en mendiant, il vit dans une mentalité de pénurie. Il perçoit chaque refus comme une tragédie personnelle. Cette insécurité pousse à des comportements de proximité excessive qui, paradoxalement, éloignent le partenaire.
Selon une étude publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, la pression exercée pour obtenir de l’intimité réduit significativement la satisfaction sexuelle globale du couple.
En cherchant à « capturer » la femme — que ce soit lors d’un stage ou dans le quotidien du couple — l’homme lui enlève sa part de sujet pour en faire un objet de rassurance. À mon sens, l’épanouissement sexuel masculin ne peut pas s’épanouir dans une cage, même si les barreaux sont faits de compliments, de promesses et de demandes d’attention.
L’alternative du Prince : souveraineté et épanouissement sexuel masculin par la liberté
À l’opposé du mendiant, on trouve la figure du « prince ». Attention, il ne s’agit pas ici d’une image de domination, mais d’une image de souveraineté intérieure. Le prince est celui qui possède son propre royaume intérieur ; il est « complet » en lui-même. De mon point de vue, c’est cette solidité qui lui permet d’offrir la liberté à l’autre sans se sentir menacé.
Le prince ne cherche pas à capturer, il cherche à inviter. S’il reçoit un « non », sa valeur personnelle n’est pas remise en cause. Cette posture change tout : elle crée la sécurité émotionnelle. La chercheuse Emily Nagoski explique dans ses travaux sur le désir réactif que le cerveau féminin a besoin de se sentir en sécurité (activation du système de « non-menace ») pour que les accélérateurs du plaisir s’enclenchent.

En pratiquant ce que l’on appelle la « différenciation de soi » — la capacité à rester connecté à l’autre tout en étant autonome émotionnellement — l’homme sort de la demande pour entrer dans la proposition. C’est là que réside le véritable secret de l’épanouissement sexuel masculin : plus vous donnez de l’air à la sexualité, plus elle a d’oxygène pour s’enflammer.
Pourquoi lâcher prise rend les hommes plus heureux
On pourrait craindre qu’en cessant d’être proactif (ou insistant), on finisse par n’avoir plus aucune vie sexuelle. C’est la grande peur du mendiant. Pourtant, mon expérience montre exactement l’inverse. Quand un homme adopte la posture du prince, il devient infiniment plus attirant.
Le bonheur sexuel des hommes qui réussissent cette transition repose sur trois piliers :
- La fin de l’anxiété de performance : on ne cherche plus à « obtenir » un résultat, mais à vivre une expérience.
- La redécouverte du désir de l’autre : il n’y a rien de plus gratifiant que de voir sa partenaire venir vers soi de son propre mouvement, sans y avoir été poussée.
- Une meilleure estime de soi : on ne dépend plus de l’humeur de l’autre pour se sentir « homme » et finalement, on est plus sûr de soi, on séduit plus.
À mon avis, le « mendiant » est un homme malheureux car il est l’esclave de ses manques. Le « prince » est un homme heureux car il est le maître de ses offres. En offrant la liberté, vous permettez à la sexualité de redevenir ce qu’elle devrait toujours être : un jeu ludique et gratuit, loin des enjeux de pouvoir et de capture.
Changer de regard pour un meilleur épanouissement sexuel masculin
Sortir de la mendicité demande un travail de déconstruction et peut-être beaucoup de temps. Cela implique de regarder ses peurs en face et d’accepter que l’autre ne nous appartienne pas. Je pense sincèrement que c’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire même si le chemin de cette transformation vers plus d’épanouissement sexuel masculin peut être long car cela vient percuter des constructions solides et profondes de l’Ego. J’ai moi même fait ce travail, c’est pas facile car cela demande de se remettre profondément en question, mais j’en suis très content de l’avoir fait.
En cessant de vouloir capturer les femmes, vous leur permettez enfin de vous voir tel que vous êtes : un partenaire de jeu, un prince capable de créer un espace sacré où le désir peut enfin respirer. L’espace et la liberté renforcent la connivence et les liens.
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