Le ciel est limpide, aux mille couleurs du soleil couchant. Le feu plonge dans l’horizon. La mer est calme et tiède. J’y trempe les pieds avant de me diriger vers la femme qui facilite l’événement.
Nous sommes environ quatre-vingts. Quatre-vingts êtres légèrement décalés, sensibles et désirant vivre. Ce sont mes frères et sœurs. Elle nous distribue des casques pour vibrer ensemble aux sons qu’elle a préparé pour célébrer la pleine lune et danser.
Celle-ci se lèvera quelques minutes après les intentions posées : des mots d’amour pour nous toustes, liés les uns aux autres, liés à la nature, à la terre, au ciel, aux divins, aux êtres vivants, à l’univers, à l’amour.
Tous en cercle, la main sur le cœur, nous chérissons l’instant présent sous le disque lunaire qui s’élève gracieusement, sortant de l’eau.
La danse commence…
Dans les casques, les premières vibrations sonores emportent nos corps dans de premières ondulations, balancements, danses. Les yeux des uns se ferment. Ceux des autres se tournent vers le spectacle de la mer et ses reflets lunaires.
Moi, je les regarde tous, je cherche les sourires dans leurs plissements d’yeux, la joie dans le rythme de leurs pieds, la sérénité dans l’harmonie de leurs colonnes vertébrales aux bercements coordonnés.

Puis la musique m’emporte. Elle fait vibrer mes os, chatouille la plante de mes pieds.
Je cours sur le sable, je virevolte, je joue.
Je suis joyeuse.
Je me sens vivante, je danse.
Les différents instruments parlent à différentes parties de moi, mes talons, mes hanches, mes épaules, ma main, ma mâchoire, la pointe de mes seins.
Je fais vibrer, je balance, je secoue, j’agite.
Je tournoie, je balance, je m’élance, je vis.
La pénombre se fait plus dense et elle qui m’enveloppe et le casque qui m’enserre. Je me sens de plus en plus me centrer dans mes sensations.
J’oublie finalement les autres. Je sais qu’ils sont là. Je ressens leurs joies. Mais je suis seulement là pour moi.
Je ne cherche pas les regards des autres, je ne cherche pas à être belle, je ne produis pas de grâce, d’esthétisme, de cohérence. Juste, je suis. Je joue avec moi dans l’instant de ce que je suis et qui dialogue avec ce qui est.
Je vais vite. Je m’excite.
Je cours, je marche sur une pierre. Cela m’arrête. Je ris. Vivre c’est prendre le risque.
J’ai chaud. J’ôte ma robe et pénètre dans l’eau.
La plus belle salle de danse du monde. Où on n’a jamais trop chaud.
La fraîcheur de l’eau est bienvenue, elle saisit ma peau comme une caresse joueuse.
Et faisant bien attention au casque, je laisse la densité de l’eau apaiser mon mouvement, ralentir mon rythme, pendant que la musique s’adoucit.
Je me déplace pour me placer dans le chemin de lumière que la lune trace sur l’eau.
Je me sens si bien. Si sereine et joyeuse. Si à ma place. Nue et enveloppée d’eau.
L’eau de la mer, la terre du sable, la tiédeur de l’air et la brillance du feu lunaire. Ça coïncide, ça danse.
Un lutin des eaux danse devant moi, en avant, sur le chemin de lumière.
Son corps est modelé par le rythme. On dirait un magicien, il ensorcèle mon regard en même temps que les flots.
Je suis séduite. J’aime. Je l’aime.
Je m’aime.
Je suis là, vivante et vibrante.
Je suis.
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