Texte érotique : L'Égyptienne
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Publié le
29 mai 2016
La danse envoûtante de l’Égyptienne
Elle danse, l’Égyptienne, elle ondule comme un serpent. Les femmes lui hurlent des : « Chienne, dégage ! Nos maris n’ont d’yeux que pour ton corps de sorcière ! Pars ou nous te tuerons ! » Elle rit, l’Égyptienne. Beaucoup. Son sourire rendrait la vue aux aveugles tant il est envoûtant.
Que caches-tu derrière l’éclat de tes dents ? Quels hommes ont goûté aux sucs de ta bouche ? Ta langue autrefois a rendu fous tes amants, petite épée délicieuse aux saveurs jusque-là inconnues. Tu savais la faire circuler sur chaque parcelle de leurs corps imparfaits, la glisser dans leur intimité la plus chaude et moelleuse.
Le don de soi et la maîtrise du plaisir
Tes hommes nus, tête oubliée sur un oreiller, t’ont laissée les pénétrer partout. Ton bonheur suprême se lisait dans tes yeux de chat quand ils jaillissaient dans ta bouche. Jamais personne ne suçait avec autant de tendresse, autant d’abandon. Fermer les yeux, les rouvrir, leur donner un air de salope : ces codes, tu les maîtrisais à la perfection. Pour ton homme sauvage, tu as même réussi à le laisser t’étouffer de sa queue raide et puissante. Ta tête enfoncée de force, tes cheveux maintenus avec violence ont contribué à son plaisir et au tien par là-même.
Ton plaisir, voilà le nœud du problème pour certaines de tes sœurs. « Je suis enceinte, je me force à baiser avec mon mari. On en rigole avec lui et je lui accorde son petit coup de bite pour qu’il me laisse tranquille. » Toi, tu rougis en l’entendant. Tu rougis non de honte, mais de colère. Tu ne conçois du corps des femmes que le plaisir et le respect. Jamais tu ne t’es donnée pour satisfaire un homme uniquement. L’amour, le plaisir sont sacrés. Ils réclament complicité, permissions, consentement, bienveillance et réajustement.
Entre plaisir brut et désir éphémère
Amour et plaisir peuvent se lier ou se dissocier. Le plaisir brut, tu l’as trouvé vite et il t’a rendue folle de joie. Un regard dans un lieu un peu glauque, une main qui effleure, ta bouche qui attrape la sienne. Tes seins qui se dressent, leur aréole qui rougit. Prends-moi là, ici et maintenant. Baise-moi. Tes yeux, ton souffle, ta chatte qui coule, tout lui indique ton désir d’être prise comme une salope que tu sais si bien être. Ta tête se pose sur cette table, ton cul s’offre. Toi, l’élu de cette femme, tu vas pouvoir te vider en elle, apprécie le moment, elle ne te le donnera qu’une seule fois.
Pas besoin de préparation, tu rentreras si tu la fourres doucement. La lenteur te récompensera : bientôt le cul de l’Égyptienne sera prêt à tes coups violents, tes sorties-rentrées dignes d’un film sur Youporn. Elle tremblera, la danseuse, elle hurlera fort aussi. Elle aime ça, les coups de bite, la femme qui ondule sur scène. Elle jouit vite et fort : tu verras, tu adoreras cela.
Souvenirs d’amours et de désillusions
Dans tes rêves, tu la verras te sucer, se laisser fister, laisser son corps juter… Dans tes rêves seulement. Jamais tu ne la reverras réellement… Il est déjà tard, l’Égyptienne bouge ses hanches de feu dans un autre bar. Loin de tes envies, loin de ton sexe qui va gicler sur ce lit défait qui accueillera tes râles dans quelque temps.
L’amour, elle l’a connu autrefois avec quelques amants. Le soir, lorsqu’elle lève les yeux, c’est eux qu’elle voit dans le firmament. Son ami du bout du monde avec qui elle projetait de vivre. Même toit, mêmes lois. La vie a balayé tout cela. Son Petit Bonhomme : parti lui aussi.
Et puis il y a eu son Maître qui lui a offert la dignité d’être celle qu’elle est aujourd’hui, son Capitaine qu’elle aurait aimé demander publiquement en mariage, son doux soumis… Une larme. La page se tourne.
La libération par la danse sacrée
Demain, elle offrira son corps aux dieux de l’Égypte antique. Comme ses sœurs privées de parole autrefois, elle dansera. Elle dansera pour crier sa joie d’être femme, femme complète : mère et putain. Ses hanches vous raconteront qui elles ont accueilli, quels sexes majestueux elles ont fait gicler encore et encore. Ses seins pointeront leurs bouts vers le ciel en signe de reconnaissance. Ses tétons salueront les bouches de ses enfants comme celles de ses amants.
Quand ses petits pieds s’en iront de-ci de-là, vous sentirez sa fuite vers cet amour de l’Idée de l’amour qui ne nourrit pas l’esprit des femmes mais le détruit. Ce soir, libérée de ces fards qui la cachent, l’Égyptienne pleurera. Ses larmes seront celles de ses sœurs bafouées, violées, méprisées. Leur violence la libérera.
Elle se lèvera, s’approchera du rivage et sautera dans le vide. Là, un homme-poulpe l’accueillera et la pénétrera de tous ses bras. Sa bouche s’enfoncera dans la sienne et boira l’étincelle de Vie… Il en faudra encore des fillettes qui se brûleront les ailes comme elle.
Beaucoup écriront, chanteront, manifesteront pour que les femmes embrassent les hommes en égales, rient à leurs côtés. Le jour approche où hommes et femmes danseront autour du feu sacré de la Vie en chœur. Je le sais, je le sens…