Les Fantasmes d'Eulalie... le réceptionniste
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Publié le
20 août 2020
Je suis un peu en avance. Je m’approche de la réception et donne mon nom. Le réceptionniste de l’hôtel est un jeune homme, nouveau ici ; je ne le connais pas. Je suis souvent un peu dure avec les nouveaux…
Il me demande si mon mari est arrivé. Je réponds que je n’attends pas mon mari :
« J’attends mon maître. Il s’occupe de mon éducation sexuelle. Il est très exigeant. Parfois il me corrige. Mais si je travaille bien, il sait me récompenser. Il me fait jouir. »
Une mise en garde audacieuse
Vous vous demandez pourquoi je vous dis cela ? Parce que cela va vous concerner, vous allez avoir des plaintes. Parce que je jouis souvent. Je suis une bonne élève. Je jouis beaucoup, fort et bruyamment surtout. Si nous dérangeons, montez, vous constaterez vous-même. Vous allez aimer m’entendre. Vous frapperez à la porte et nous comprendrons : mon maître me bâillonnera…
Le voilà justement qui arrive. Vous voyez son bagage ? Il est lourd. Il y a des bâillons dedans, mais aussi des cordes, des chaînes, du cuir, du latex et beaucoup d’autres choses décadentes que vous n’oseriez imaginer.
L’art de la libération sexuelle
Et vous voyez l’homme ? Mon maître est un génie. Un génie du sexe, un génie de mon corps. Je ne m’entoure que des meilleurs. Quand vous me reverrez descendre de la chambre dans sept ou huit heures, je tiendrai à peine sur mes jambes. J’aurai beaucoup appris et j’aurai adoré chacun de la trentaine d’orgasmes qu’il m’aura fait vivre.
Regardez-le : je suis très excitée, parce qu’il va m’enseigner, me libérer, m’attacher et me baiser. Tendrement, puis fougueusement, puis terriblement, sauvagement et follement.
Et moi aussi je vais le baiser, comme vous n’avez jamais imaginé personne le faire. Nous allons monter dans cette chambre et faire vibrer l’énergie sexuelle de cet hôtel, à en faire trembler les murs et vous en faire transpirer…
Le trouble des sens
Et pendant que je lui dis cela, je me penche sur le guichet de manière à verser mon regard bleu dans celui du petit réceptionniste. Le décolleté de mon bustier lui offre ma gorge, le haut de ma poitrine, mais aussi mon parfum et mes phéromones.
Je lui parle rapidement, sans le laisser respirer, en m’approchant fatalement de lui, jusqu’à ce que j’entende le bruit si familier d’un éjaculat dans un petit pantalon…
Photo d’illustration : Helena Lopes sur Unsplash