Adam était à La Diagonale de l'Erosticratie : Récit d'une soirée kinky
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Publié le
28 juin 2016
La Diagonale de L’Erosticratie… une soirée qui me faisait très envie depuis quelques semaines et à laquelle j’ai participé récemment. Une immersion totalement dingue, décalée et sexy. Allez hop, suivez le guide, vous allez être surpris(es) !
Présentons l’Erosticratie et le concept de la Diagonale
Définir la richesse de l’Erosticratie est difficile. Je vais donc reprendre la manière dont ils se décrivent sur leur site, ce qui est beaucoup plus fidèle à leur identité :
« L’Erosticratie est un projet artistique et politique qui interroge et reconstruit l’Eros dans la cité. Autour du noyau des Erosticrates, nous associons les talents au gré des projets développés […]. Notre objectif est également de transcender les genres, de réunir les communautés sexuelles, de parler sexualité grâce au vecteur très puissant de l’Art sous toutes ses formes. Notre approche est viscéralement hédoniste et ludique. »
La “Diagonale” : entre sagesse et abandon
Le concept de soirée diagonale est fascinant. C’est à mi-chemin entre la soirée verticale (où tout le monde reste sage et debout) et la soirée horizontale (où la position allongée est largement répandue pour des raisons évidentes).
Une soirée diagonale est un espace où tout peut se passer, oscillant entre le social et l’intime suivant les envies et les heures. Pour l’Erosticratie, c’est une invention festive et artistique, une soirée oblique ouverte aux “vanilles” comme aux “chocolats”, sans échec possible.
Le cadre : Le donjon Cris et Chuchotements à Paris
La Diagonale de l’Erosticratie se déroulait à Cris et Chuchotements, LE donjon BDSM de Paris, situé près du quartier de Pigalle. C’était une première expérience pour moi dans cet endroit mythique, souvent commenté dans mon réseau.
L’entrée est très discrète. Accueilli par le patron, on passe par un vestiaire où tout le monde se change pour adopter sa tenue d’apparat. On reçoit une fiche de consommation pour ne pas avoir à sortir son portefeuille durant la soirée, et on descend l’escalier vers les profondeurs.
Exploration des lieux : Entre cave voûtée et boudoir
L’espace est divisé en plusieurs zones captivantes :
- La salle principale : Une superbe cave voûtée dotée d’un bar central.
- Le couloir BDSM : Un espace contenant des pièces équipées de chevalets, colts et autres accessoires pour s’occuper d’un(e) soumis(e). Il y a même un renfoncement avec une grille pour les jeux d’enfermement.
- L’étage : On y trouve une grande pièce avec une croix d’attache, un sublime plateau vertical rotatif, un boudoir littéraire et un petit studio photo.
L’ensemble est très typé BDSM. Dans toutes les pièces, on trouve des anneaux pour attacher ou suspendre. L’ambiance cave voûtée renforce l’aspect “donjon” authentique.
Note d’Adam : Si je devais faire une remarque, ce serait sur la propreté qui n’était pas irréprochable (poussière, salle de bain fatiguée). Mais l’objectif n’était pas l’inspection sanitaire, mais bien l’immersion hédoniste !
Déroulement de la soirée : Art, performances et corps
Dès 22h30, l’accueil par les membres de l’Erosticratie pose les bases : respect absolu, consentement préalable pour toute interaction, et liberté totale d’expression.
Le thème de la soirée était le FFF (Festival du Film de Fesse). La décoration, faite de pellicules 35 mm de films érotiques, plongeait immédiatement les invités dans l’ambiance.
Ateliers créatifs et modèles d’un soir
J’ai eu le plaisir de passer par le stand photo après quelques contorsions, puis de rencontrer la dessinatrice WASP. Elle croquait des modèles en direct dans la salle principale. Avec une amie, nous avons servi de modèles : moi torse nu, elle en corset allongée à mes côtés. C’est une expérience hilarante et gratifiante de voir son érotisme immortalisé par un trait de crayon.
Spectacles et performances scéniques
La nuit a été rythmée par des interventions artistiques puissantes :
- L’écriture sur fesses : Un atelier poétique où l’on rédigeait des textes en utilisant le corps d’une performeuse comme pupitre.
- Peinture sur corps : Notamment une scène sublime où une femme était peinte à l’encre de chine alors qu’elle était attachée sur le plateau vertical tournant.
- Shibari et Musique : Une scène de corde magistrale réalisée par Benoît Descordes avec Armony Kinbaku, accompagnée au violoncelle. Une performance complétée par une scène de domination lesbienne d’une grande intensité.
Conclusion : Une parenthèse érotique réussie
La soirée fut excellente. Cette déambulation entre spectacles, discussions et bar, le tout dans une ambiance décadente mais ludique, m’a conquis. La Diagonale a parfaitement tenu sa promesse de soirée “oblique” : un mélange de spectacles sensuels et de rapprochements charnels en fin de nuit, le tout dans un respect mutuel exemplaire.
Le soin apporté aux tenues (latex, steampunk, corsets) rendait l’esthétique de la soirée vraiment exceptionnelle.
Est-ce que je reviendrais ? Absolument. Cette ambiance surréaliste et sensuelle est un délice pour tout hédoniste parisien. Quelque chose me dit que mon réseau libertin s’y retrouvera très bientôt…