Il est fréquent pour les couples d’observer une baisse de désir sexuel passé les premiers mois ou années de relation. Parmi les raisons les plus fréquentes, si le désir était animé par le goût de la rencontre, du dévoilement ou encore de la conquête de l’autre, une fois que cet autre est connu, dévoilé et conquis, ce moteur ralentit.
Il est alors bon de le prendre en conscience pour explorer comment recréer une dimension de mystère, voire d’insécurité dans le lien. Après tout, personne n’est vraiment acquis, comme personne ne peut être complètement vu, dévoilé et compris.
L’asymétrie du désir : une souffrance fréquente
Régulièrement toutefois, ce désir sexuel se réduit, plus ou moins sensiblement, mais de manière symétrique et le couple le vit bien. Parfois, l’énergie sexuelle du couple est tout simplement orientée vers des projets communs (la maison, les enfants, les voyages, une profession ou un sport partagé…) ou individuels (professionnels, artistiques, sportifs…).
Mais parfois, cette baisse de désir sexuel dans le couple et de libido est douloureuse, notamment lorsqu’elle est portée par un partenaire plus que l’autre. L’un exprimant une baisse de désir, l’autre restant demandeur, une souffrance mutuelle peut alors s’installer. Cette souffrance est le motif principal de consultation en sexothérapie.
Ce texte est une proposition de réflexion à l’attention de celui qui reste demandeur ou demandeuse, mais qui ne manquera pas d’intéresser celui ou celle qui ressent la frustration de l’autre et donc un éventuel sentiment de pression.
Baisse de désir sexuel dans le couple : sortir de la recherche de solutions chez l’autre
Souvent, la première réaction du partenaire qui ressent son désir frustré est de comprendre le pourquoi en cherchant chez l’autre. Évidemment, cette démarche est empathique, souvent bien intentionnée et peut donner lieu à de bonnes propositions : notamment quand il s’agit de percevoir la charge mentale de l’autre (les tâches ménagères et les soins aux jeunes enfants mal partagés sont une des causes qui peuvent être soulagées par une redistribution de ces tâches dans les actes comme dans leur prise en responsabilité).
Mais régulièrement cette attitude, si elle n’est pas rejointe par l’autre, est vouée à l’échec. Vous ne pouvez penser pour l’autre, ni même solutionner pour l’autre. Y compris parce que parfois l’autre n’a pas de problème avec sa réduction de désir sexuel. C’est souvent davantage votre problème, et éventuellement celui de l’autre de manière réactionnelle. Heureusement, seul·e, vous pouvez déjà contribuer à recréer un équilibre face à cette baisse de désir sexuel dans le couple.

Identifier la diversité de vos besoins
Il s’agit pour cela de prendre conscience de la diversité des besoins résumés dans la frustration sexuelle et d’y répondre de manière différenciée. Ainsi, si vous avez moins de sexualité partagée avec votre partenaire, qu’est-ce qui vous manque vraiment ?
- Le contact physique ?
- L’attention et les moments de qualité relationnelle ?
- La validation dans le fait de se sentir désiré ?
- Le fait de pouvoir offrir de la satisfaction à l’autre ?
(Et nous retrouvons là 4 des 5 langages d’amour selon Gary Chapman, et donc ces besoins correspondent à des besoins de se sentir aimé.e.) Ou encore du plaisir physique pour ce que cela apporte d’épanouissement, de quête de soi et de son corps ou encore de cocktail hormonal (les rapports sexuels procurent un bien-être entre autres par la production d’endorphines, d’ocytocines et de dopamines), anti-stress naturel.
Répondre à ses besoins de manière créative
Il est probable que plusieurs de ces besoins existent et cela est bien légitime. Donc, en premier lieu, je vous invite à la bienveillance par rapport à l’observation de vos besoins. Ils sont naturels, ils font partie de vous, ils sont acceptables inconditionnellement.

Puis, pour chacun de ces besoins, il s’agit de développer sa créativité pour y répondre, autrement que par la sexualité partagée.
- Le contact physique par exemple : peut-être votre partenaire n’est pas disponible pour de la sexualité, mais peut-être qu’il ou elle serait partant.e pour un massage ou un câlin sur le canapé… Peut-être que votre partenaire n’est pas la seule personne à vous donner ce contact aussi. La danse, certains sports voire les relations amicales peuvent offrir des occasions d’être touché.e.s.
- Le besoin d’attention ou de validation : parfois seulement nommer ce besoin permet à l’autre d’exprimer un besoin à lui. Peut-être que votre partenaire n’avait pas eu encore l’occasion de vous dire qu’iel aimerait que vous l’accompagniez au marché ou lire un livre ensemble, que vous lui massiez les pieds ou encore n’a pas eu l’occasion de vous dire combien iel vous trouvait attrayant.e indépendamment de son énergie sexuelle…
L’importance de l’autonomie sexuelle
Puis pour les besoins physiques liés à l’activité sexuelle, il se trouve qu’il existe beaucoup de pratiques permettant de se donner seul du plaisir, d’explorer son corps et de susciter de beaux cocktails d’hormones orgastiques ! (Dont les effets déstressants, antalgiques ou de régulation de l’humeur ne sont plus à démontrer). Par chance, vous lisez un article sur un site qui regorge d’idées, en plus de vos propres désirs intuitifs.
Il s’agit alors de déconstruire ce qu’on nous a parfois appris de limitant à propos de la masturbation. Nous savons maintenant que développer des conduites sexuelles autonomes et respectueuses développe la connaissance qu’on a de soi et de son corps pour le développement du bien-être personnel et pour une sexualité partagée plus heureuse et fluide.

Il existe probablement des besoins qui ne sont pas listés ici, je pense par exemple au besoin de développer son imaginaire érotique, besoin intellectuel qui peut trouver satisfaction dans l’écriture érotique par exemple… À chaque besoin, il s’agit de l’identifier, de le prendre en conscience, de l’accepter, de le communiquer (ou non) et de chercher une autre manière de le satisfaire que la sexualité partagée.
Conclusion : vers un nouvel équilibre intime
Il peut sembler schématique d’en déduire qu’une personne frustrée dans sa sexualité de couple trouvera un meilleur équilibre en pratiquant plus de sport avec sa partenaire et en recherchant son propre plaisir prostatique… Mais il est pourtant logique de considérer que prendre soin de soi et de sa relation ne peut que fluidifier les échanges.
Et il existe des couples qui en se décentrant du problème de l’asymétrie de désir, pour que chacun prenne le temps d’identifier ses propres besoins, y répondent séparément et en communiquant, améliorent leur connexion intime, ce qui parfois améliore… leurs relations sexuelles.
Alors je vous souhaite un beau voyage dans la compréhension que vous avez de vous-même, pour mieux communiquer avec l’autre et prendre soin de vous-même et de votre relation. Et si vous éprouvez le besoin d’être accompagné dans ces démarches, vous pouvez solliciter un professionnel psychothérapeute et/ou sexothérapeute en couple ou individuellement.
Beau voyage, bonne continuation…
NouveauxPlaisirs.fr, c’est un espace unique sur la sexualité positive, sans pub, commission ou financement extérieur, juste du contenu indépendant, engagé et gratuit.
Faire vivre ce site a un coût : hébergement, outils, achat d’accessoires … et surtout des milliers d’heures de travail. Il y a 1200+ articles en ligne, chaque publication demande entre 6 et 8 heures de travail, parfois bien plus.
💡 Si nos contenus vous enrichissent, aidez-nous à les faire vivre ! Un site gratuit n’est pas sans coût, et votre soutien sur Tipeee nous permet de continuer notre démarche unique qui apporte tant à la société.
🙌 Donner, c’est permettre à ce projet de continuer. Offrez une contribution unique ou mensuelle, selon vos moyens et votre envie.
🙏 Merci pour votre soutien !








