recroquevillé en chien de fusil
bien au chaud sous les couvertures,
au-delà, les chauffages éteint pour la nuit,
c’est le froid glaçant de l’hiver
j’ai formé jusqu’ici
un formidable nid pour les rêves,
ceux-ci m’ont sillonnés dans tous les sens,
je leur appartenais tout entièrement,
le scénariste fou avait encore bien travaillé,
le film avait été bordélique à souhait,
un Indiana Jones sous LSD
mais là, soudainement,
mes hanches se sont mises à tirer dans une direction,
même pas vers le haut,
comme s’ils se prenaient pour un ascenseur
et que quelqu’un, quelque part,
avait appuyé sur le bouton d’appel
toute la zone fut bientôt soumise à une extrême tension
mais je ne sentis celle-ci qu’un très bref instant
car elle fut quasi instantanément remplacée
par une sorte d’explosion soyeuse
qui se maintenait,
qui semblait léviter là au creux de mes reins,
grossissant, prenant de l’expansion de plus en plus
laissons bien faire,
pas se demander ce qui se passe,
j’étais comme un arc tendu par les énergies,
prêt à décocher sa flèche
mais qui se contentait
de déguster les vibrations ainsi crées
aussi soudainement qu’il y a quelques instants,
je me suis relâché, tout d’un coup, sans raison
et tous mes membres, toutes les parties de mon corps,
se sont mises à bouger anarchiquement dans tous les sens,
j’étais comme un pantin désarticulé motorisé,
qui s’agitait, qui se tordait
c’était délicieusement sans queue , ni tête,
j’étais de tout mon être
le désordre d’une avalanche,
cela grouillait, cela chutait, cela se fragmentait
dans tous les sens
mais cela frissonnait tellement chaudement,
tellement soyeusement,
aussi, à tout-va
là, encore,
pas se poser de question,
juste déguster l’instant,
bien s’abandonner aux évènements

